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Uldoric Tessier
Curé de la paroisse Ste-Victoire
1847-1930

Cet article signé Alain Bergeron provient du
Journal "La Nouvelle" de Victoriaville,
Section "Chroniques/Je me Souviens"

Un fait marque bien le culte que les paroissiens de Sainte-Victoire ont voué à leur curé, l'abbé Uldoric Tessier. Alors qu'il repose en chapelle ardente, en 1931, dans son église, des gens, munis de lames, coupent des pièces de sa soutane afin de garder une relique de celui qu'ils ont tant apprécié! Des gardes ont même été appelés pour veiller au bon ordre et surveiller le corps de celui qui faisait presque figure de légende dans la paroisse.

Cette exaltation peut se voir comme une expression du pouvoir de thaumaturge qu'on lui a toujours prêté. Les faveurs de cet homme de Dieu, même après sa retraite, ont été maintes fois sollicitées. À un point tel que ses proches se sont vus souvent dans l'obligation d'user de subterfuges pour le ménager...

Uldoric est né à Saint-Stanislas de Champlain, le 13 juin 1845, de Casimir Tessier, cultivateur, et de Marcelline Germain. Il fait ses études classiques (1860-1866) et théologiques (1866-1870) au Séminaire de Trois-Rivières.

Il est ordonné prêtre le 20 mars 1870 dans la chapelle des sœurs du Précieux-Sang à Saint-Hyacinthe par Mgr Joseph Larocque, évêque de Saint-Hyacinthe. Il sera professeur et économe au Séminaire de Trois-Rivières en 1870 avant d'être vicaire à Batiscan, entre le 16 septembre 1870 et le 11 novembre 1874.

L'abbé Tessier est nommé curé de Sainte-Sophie de Lévrard le 11 novembre 1874. L'année suivante, il y bâtit le presbytère. Il demeure à la direction de cette paroisse jusqu'au 29 août 1886.

C'est à cette date que Mgr Gravel le désigne curé de la paroisse Sainte-Victoire, cet endroit même où, au lendemain de son ordination sacerdotale (21 mars 1870), il a célébré sa première messe. Il succède à l'abbé Édouard Laflèche, retiré à Sainte-Anne de la Pérade.

À son arrivée, la population de sa nouvelle paroisse compte 1 898 âmes. En 1906, lorsqu'il prendra sa retraite après 20 ans de ministère, elle atteindra 3 375 personnes.

Dans le livre du centenaire de la ville de Victoriaville (1861-1961), on mentionne qu'il "donna un nouvel essor à l'éducation et fut pendant 20 ans un pasteur pieux, avisé et progressif pour Victoriaville".

Claude Raymond, dans son livre "Si Sainte-Victoire m'était contée", rappelle que le "curé Tessier a été l'un des principaux artisans des progrès vécus à Victoriaville durant ce quart de siècle, tant sous le rapport religieux que sous le rapport matériel : agrandissement du territoire de la paroisse, construction du presbytère et du cimetière, fondation de l'Académie des Frères du Sacré-Cœur pour l'éducation des garçons (il fera don de 2 000 $ à cette institution pour l'ameublement), agrandissement du Couvent et surtout la construction de l'une des plus belles églises du diocèse".

Cette nouvelle église, bénie solennellement le 29 juillet 1900, vient répondre aux besoins de la population qui a presque doublé. Le curé est d'ailleurs aux premières loges, bien malgré lui, lorsque le mur de la façade s'écroule en 1896. Placé devant l'église, lunette d'approche en mains, l'abbé Tessier est à examiner le faîte du mur lorsque l'accident survient. "Les pierres se détachent, tombent et roulent, alors que monsieur le curé court pour ne pas être atteint", lit-on "Les Caron, une dynastie d'architectes". (Il convient de préciser ici qu'un contrat séparé pour la maçonnerie avait été accordé à un entrepreneur de Lévis)

Après une vingtaine d'années à sa cure, l'abbé Uldoric Tessier se retire le 23 mai 1906, dans la maison de sa nièce, Eugénie Poitras, sur la rue des Forges. Il reste toutefois présent dans l'esprit des gens qui l'ont côtoyé. Des célébrations d'importance soulignent son jubilé d'or sacerdotal les 19 et 20 mars 1920. Sa Sainteté le pape Benoît XV lui envoie un télégramme à cette occasion. Sa "belle et grande voix" fait vibrer le temple au cours d'une messe qu'il célèbre.

Le maire J.O. Bourbeau lui présente une belle canne à pommeau d'or et dit, avec beaucoup d'à-propos, "la joie que lui et les citoyens ressentent de voir au milieu d'eux, après une si longue et si glorieuse carrière, un prêtre qui a été l'objet de leur admiration et qui a tant fait pour le bien moral et matériel de la ville" (L'Union des Cantons de l'Est, 1 avril 1920).

Dix ans plus tard, les célébrations entourant son jubilé de diamant au milieu de ses anciens paroissiens témoignent à nouveau "d'une haute estime et d'une profonde vénération pour un pasteur qui a marqué son époque".

La même année, le 8 juin 1930, l'abbé Tessier assiste à la consécration de l'église Sainte-Victoire, par Mgr Cassulo, délégué apostolique. Il est alors âgé de 85 ans. On reprendra ici les paroles du Sage : "La longueur des jours, les années de la vie et de la paix récompensent l'abnégation, la fidélité au devoir et l'oubli de soi".

Uldoric Tessier rend l'âme le 9 juillet 1931. Il est inhumé dans le cimetière paroissial. Une salle porte son nom à la sacristie de l'église Sainte-Victoire.

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Cette page a été conçue le 5 Janvier 2004

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