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François Bourgeois

François Bourgeois prend toujours beaucoup de plaisir à passer devant Lactantia. Ses souvenirs le ramènent à un peu plus d'un demi-siècle en arrière, au même endroit, où s'élève la première et modeste bâtisse construite dans cette portion du Rang des Bras (qui deviendra, beaucoup plus tard, le boulevard Industriel), avec une vue sur les méandres de la petite rivière Beaudet (bien avant le Lac Réservoir du même nom).

Alors qu'en 1949, les crémeries et fromageries sont des entreprises artisanales que l'on retrouve dans de nombreuses paroisses, Lactantia essaie tant bien que mal de s'imposer sur le marché du lait en poudre et du beurre. Mais les temps sont difficiles si bien que trois ans après ses débuts, l'entreprise se dirige allégrement vers une faillite, à courte échéance. "Même la compagnie de téléphone nous obligeait à déposer de l'argent au début du mois... J'avais les yeux ouverts. D'autant plus que j'étais l'un des actionnaires, moi qui avais emprunté 1 200$ pour acheter des parts..."

Avec quatre baccalauréats en sciences appliquées, dont celui d'ingénieur, François Bourgeois, ce fils de cultivateur, au début de la trentaine, est prêt pour l'aventure.

Le promoteur ayant été remercié de ses services à l'assemblée des actionnaires, il devient directeur de Lactantia en 1952 avant d'accéder au poste de président en 1953. Il ne quittera son siège que 35 ans plus tard, en 1988!

François Bourgeois est né le 1er octobre 1917 à Saint-Célestin, près de Nicolet. Il est le cadet d'une famillle qui compte dejà quatre autres enfants, Jean-Louis, Marguerite, Thérèse et Lucie. Les Bourgeois sont en deuil dès le mois suivant alors que le paternel, Jean-Baptiste, cultivateur, décède de la grippe espagnole, à l'âge de 31 ans. François, lui, n'a que sept semaines.

"Je ne peux pas dire que j'ai été affecté par son absence car je ne l'ai pas connu. Ma mère, Clotilde Beauchemin est restée veuve toute sa vie... Elle était l'autorité à la maison et sur la ferme."

Il pourra se consacrer aux études, grâce à la générosité du curé du village, Origène Grenier (qui occupera la cure de la paroisse de Sainte-Victoire pendant plusieurs années), ce qui lui permettra d'aller au Seminaire Saint-Sacrement, à Terrebonne, de 1932 à 1936, puis au Séminaire de Nicolet.

A l'issue de ses études universitaires en philosophie et en théologie, il décroche une bourse d'études qui l'amème a étudier l'ingénirie, en anglais, à l'Université de Saskatoon, de 1944 a 1947.

Il amorce sa carrière avec la Shawinigan Water and Power pour faire des expériences en couches chaudes électriques. Engagé à Valleyfield, l'aventure ne dure que 41 jours. Approché par le promoteur Lionel Beaudet qui a l'idée de construire une entreprise pour fabriquer de la poudre de lait écrémé, un produit en grande demande à la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale, François Bourgeois accepte la proposition. "J'ai pris un congé sans solde pour tenter ma chance, même si je baissais de salaire (de 80 $ par semaine, à 52 $). J'étais plus près de chez nous et je devenais le deuxième dans l'entreprise après M. Beaudet. J'ai toujours été proche des fermiers, ça me convenait davantage que d'être dans des laboratoires, à faire des expériences..."

C'est François Bourgeois lui-même qui achète les premiers 1 200 livres de lait, chez un cultivateur. Le 6 aout 1947, l'usine reçoit du lait pour la première fois. Dans les bureaux, il y côtoie la première femme employée par Lactantia, Monique Hamel, qu'il épousera le 10 septembre 1949. Six filles naîtront de cette union : Esther, Louise, Andrée, Marthe, Marguerite, Luce.

Tout en se consacrant à Lactantia, François Bourgeois travaille comme ingénieur à la ville de Victoriaville, de 1949 à 1953 (il sera aussi ingénieur, à temps partiel, à la ville d'Arthabaska, de 1953 à 1963).

Convaincant et convaincu, audacieux et determiné, une fois à la direction de l'entreprise, son premier geste sera de remettre de l'argent dans Lactantia, qui souffre d'un manque flagrant de liquidités. "En payant nos dettes, on recréait un nom respectable. Vingt personnes ont injecté chacune 4 000 $."

A l'époque, Lactantia concentre ses activités sur le lait en poudre et le beurre régulier. L'arrivée de François Bourgeois sera synonyme de recherches de nouveaux produits.

En 1955, il embauche un Autrichien, fraîchement debarqué au pays. Ce savant qui connaît très bien l'industrie laitière sera un allié précieux et Lactantia met sur le marché, en 1957, un beurre de culture au goût raffiné, qui connaîtra un très grand succès.

Lactantia s'impose dès lors. Elle deviendra la première entreprise à envelopper son beurre dans un papier d'aluminium pour le protéger de la lumière.

En 1966, François Bourgeois se rend en Allemagne pour acheter une machine pour la fabrication de petits carrés de beurre enveloppés. Cette innnovation, en Amérique du Nord, permettra à Lactantia d'envahir le marché. Le beurre à l'ail, le beurre demi-sel, la margarine (conçue avec du lait de beurre) font de Lactantia un chef de file dans le domaine.

En cours de route, ses fonctions l'appellent à la présidence de la Chambre de Commerce, au sein d'organismes sociaux et de bienfaisance, comme les Richelieu, la Fondation Hotel-Dieu d'Arthabaska, la Croix-Rouge. Il est d'une grande générosité, tout en demeurant très discret à ce sujet.

Le 2 octobre 1986, il vend ses actions à la compagnie Labatt, mais reste en poste juqu'en décembre 1988, pour assurer la transition.

"J'ai conservé des liens. Je suis encore très attaché à l'entreprise, à ses gens. A force de travail, de courage et de détermination, on est parvenus à la sortir du fossé et à la mettre sur la route. Je me rejouis des succès de Lactantia, de voir les investissements, le personnel qui augmente. C'est ma plus belle récompense : cette fierté-là est encore plus ancrée en moi que l'argent que ça a pu apporter..." raconte M. Bourgeois, non sans émotion.

Un fier Bâtisseur n'est plus, François Bourgeois
a été président de Lactantia de 1953 à 1988.
Alain Bergeron

Un peu moins d'un mois après avoir été honoré du titre de Bâtisseur au dernier Panthéon de la Performance, François Bourgeois est décédé chez lui, le samedi 16 juin, à l'âge de 83 ans, des suites d'une longue maladie.

Époux de Monique Hamel, père de Luce, Marguerite, Marthe, Andrée, Louise et Esther, grand-papa de 10 petits-enfants, M. Bourgeois a occupé le siège de président de la compagnie Lactantia pendant 35 ans, soit de 1953 à 1988.

M. Bourgeois, qui a été l'un de nos Visages du siècle au cours de l'année 1999, est né le 1er octobre 1917, à Saint-Célestin, près de Nicolet.

À l'issue de sa formation universitaire en philosophie et en théologie, il décroche une bourse qui l'amène à étudier l'ingénierie en anglais, à l'Université de Saskatoon.

Invité par le promoteur Lionel Beaudet qui a l'idée de construire une entreprise pour fabriquer de la poudre de lait écrémé, il accepte sa proposition, en 1947. Ainsi a débuté Lactantia. Son arrivée sera synonyme de recherches de nouveaux produits et l'entreprise deviendra un chef de fil dans le domaine. Elle s'impose sur le marché nord-américain. Le 2 octobre 1986, il vend ses actions à la compagnie Labatt, mais reste en poste jusqu'en décembre 1988, pour assurer la transition.

En plus d'œuvrer à la présidence de la Chambre de commerce, M. Bourgeois agit en tant que bénévole au sein d'organismes sociaux et de bienfaisance, comme la Fondation de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska et la Croix-Rouge. Au poste d'ingénieur des villes de Victoriaville et d'Arthabaska, dans les années 50 et 60, il a participé au développement municipal, il a ouvert des routes, installé des systèmes d'égouts, construit des écoles (Mgr-Grenier, Massicotte, Mgr-Milot), l'église l'Assomption, le Collège Clarétain, et la Bibliothèque du Cégep.

Cet homme de cœur était d'une grande générosité. Son nom est associé à la salle de l'auditorium du Pavillon des arts du Collège Clarétain à Victoriaville. Une rue porte également son nom dans le secteur Arthabaska, où il résidait.

Dans le texte qu'il avait livré à l'auditoire au Panthéon de la performance, par la voix de sa fille Esther, François Bourgeois constatait, en regardant au rétroviseur de sa vie, qu'il avait retiré une grande satisfaction d'avoir partagé ses projets, ses rêves, ses réalisations, d'avoir partagé aussi ce qu'il avait et surtout d'avoir contribué à rendre les autres heureux. Qu'ajouter de plus?

À tous ceux et celles qui l'ont côtoyé, nous leur offrons nos plus sincères condoléances. C'est un fier Bâtisseur qui s'en est allé.

Avis de décès de M. François Bourgeois, dans "La Nouvelle" de Victoriaville.

BOURGEOIS, François
1918-2001
Industriel
CROCHETIERE, Rosaire
1878-1918
Capitaine/Aumônier
FLEURY, Alcide
1905-1997
Historien des Bois-Francs
LAVERGNE, Armand
1880-1935
Avocat et politicien
SUZOR-COTÉ, Marc-Aurèle
1869-1937
Peintre et sculpteur

D'autres personnalités seront ajoutées au cours des semaines qui suivent

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Cette page a été conçue le 22 Juin, 2001