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Uldéric S Allaire
Musicien et prop. Theatre Victoria
1901-1968

Cet article signé Alain Bergeron provient du
Journal "La Nouvelle" de Victoriaville,
Section "Chroniques/Je me Souviens"

Il ne reste plus rien du glorieux Théâtre Victoria. Que des souvenirs. Inauguré en décembre 1950, il a cessé ses activités en 1976. Acheté d’Uldéric S. Allaire par France Film dans les années soixante, l’endroit a été démoli à l’automne 2000.

Mais l’histoire du Théâtre Victoria ne débute pas au milieu du siècle. Les plus âgés se rappelleront que le Théâtre Victoria a déjà été situé au troisième étage de l’Hôtel de ville de Victoriaville. La salle était louée et administrée par Uldéric S. Allaire.

L’établissement a été détruit partiellement par le feu dans la nuit du 3 au 4 mai 1950. Les flammes ont pris naissance à l’arrière de la scène. L’incendie a causé des dommages de plus de 40 000 $. La salle venait d’être complètement rénovée.

Au cours des mois suivants, il a été question que la ville reconstruise le théâtre incendié, mais comme les autorités municipales étaient dans l’impossibilité de fournir à M. Allaire une salle de cinéma de plus de 450 sièges, celui-ci a pris la décision de construire un théâtre de 700 places, sur un terrain appartenant à ses beaux-parents, sur le boulevard Carignan.

Les travaux de construction du nouveau Théâtre Victoria s’amorcent en août de la même année et l’ouverture a lieu le samedi 2 décembre 1950. À cette occasion, le propriétaire offre au public une représentation de choix : “Le sorcier du ciel”. L’admission est de 60 sous, taxe incluse.

Il n’y a pas d’homme plus fier cette soirée-là, qu’Uldéric S. Allaire.

«Le Théâtre Victoria, c’était sa vie», dira d’ailleurs sa belle-soeur, Alice Bergeron.

Souvenons-nous donc de cet homme qui a marqué sa région pas seulement en raison de son cinéma mais aussi de ses spectacles et de sa musique.

Fils de Marie Boisvert et de Joseph Allaire, un ingénieur-mécanicien, Uldéric est né le 20 octobre 1901 à East Pepperell, au Massachusetts. Les Allaire sont une famille de musiciens.

Il apprend les notions de musique de ses soeurs Alma, de Lucienne et de son frère Xavier, directeur de fanfare, compositeur et chef d’orchestre. Son frère Arthur, violoniste, pianiste et chantre, est un ancien directeur de la fanfare du Cercle musical de Victoriaville. Auguste, organiste, pianiste, est un compositeur. Cécile, sa soeur, est pianiste et altiste.

Les Allaire reviennent à Victoriaville - on ignore à quel moment - où Uldéric fait ses études à l’Académie Saint-Louis de Gonzague. Il obtient son diplôme commercial bilingue. En 1923, il entre au service de la Shawinigan Water and Power qu’il quittera en 1932 pour acquérir le Théâtre Victoria.

Il présente en 1932 des concerts au poste de radio CKAC de Montréal, avec l’Orchestre Victoria, des solistes et une chorale, mettant ainsi le nom de Victoriaville en évidence.

Il écrit également des oeuvres pour orchestre, harmonie et fanfare, entre autres la Marche du Tricentenaire de Montréal. Intitulée “Maisonneuve”, elle sera interprétée par les ensembles les plus célèbres du continent, dont la Fanfare d’argent de l’Aviation royale canadienne qu’il dirige lors d’un grand concert au Centre sportif Jean Béliveau à Victoriaville.

Les fanfares de la marine et de l’Armée des États-Unis jouent aussi ses oeuvres. La Garde républicaine de Paris, la plus célèbre harmonie-fanfare du monde exécute sa marche militaire le 10 septembre 1953 lors d’un concert au Forum de Montréal, devant plus de 8 000 personnes. Devant l’enthousiasme de la foule, François-Julien Brun, chef de l’Orchestre, invite le compositeur à remercier au micro.

Son “Maisonneuve” est repris le 3 mars de l’année suivante par le Symphonic Band de Miami, à Bayfront Park, lors d’un concert sous les étoiles.

Celui que l’on surnomme “Dick” édite quelques-unes de ses oeuvres et fonde sa propre maison d’édition, Les Éditions Musicales Victoria, par lesquelles il aide à faire connaître les textes des poètes d’ici qu’il met en musique. Parmi ceux-ci, signalons les “Pleurez ! Priez ! Chantez !” d’Alphonse Désilets ou “Les Riens”, du notaire Joseph Désilets. On lui doit aussi “Le Chansonnier canadien”, destiné aux écoles et aux foyers, qui regroupe plus de 180 des plus belles chansons du répertoire canadien, «compilées et revisées par Uldéric S. Allaire». L’ouvrage a été imprimé une première fois en 1931 et a fait l’objet d’une réimpression en 1936.

En 1942, ce membre honoraire de la Chorale Sainte-Victoire (dont il fait partie depuis ses huit ans) met sur pied le Studio Musical Victoria. La population d’ici s’y procure instruments, disques, musique en feuilles, etc. Il se départira de ce commerce en 1952, après dix années d’opération.

M. Allaire prend May Tourville pour épouse en juillet 1945. Le couple n’aura pas d’enfants.

Président et chef de l’Orchestre Victoria, Uldéric S. Allaire dirigera cet ensemble musical au fil des grands concerts et des nombreuses célébrations se déroulant à Victoriaville et dans les environs. Il joue le même rôle au sein de la fanfare du Cercle musical.

En 1961, il écrit la musique du Chant du Centenaire de Victoriaville ainsi que la Marche du Centenaire qu’interpréteront toutes les fanfares de la province réunies lors du grand festival tenu à Victoriaville à l’été.

Vers 1966, désireux de prendre sa retraite et de consacrer son temps et ses énergies à la musique, il vend son Théâtre Victoria. Toutefois, gravement malade, Uldéric S. Allaire ne peut vraiment se livrer à ses projets.

Souffrant d’un cancer des poumons, il décède le 1 septembre 1968, à l’âge de 66 ans. Il est inhumé au cimetière Sainte-Victoire

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Cette page a été conçue le 5 Janvier 2004

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